Georges Méliès

Georges Méliès est né à Paris le 8 décembre 1861 dans une famille bourgeoise. Il est le petit dernier et donc très choyé par sa mère. Son père est un riche industriel dans la chaussure. Ils ont une vie très parisienne : réceptions, sorties, domestiques,… Il passe ses journées enfermé dans sa chambre à caricaturer ses professeurs, écrire des poèmes, bidouiller des inventions, dessiner des paysages et raconter des histoires.

8 à 18 ans : Méliès devient pensionnaire au Lycée Impérial de vanves puis au Lycée Louis le Grand. Cela va lui forger le goût du dessin et renforcer son côté rebelle.

A 18 ans : Son bac en poche, il veut intégrer les beaux-arts. Son père refuse, le jeune Georges devient alors, grâce aux relations de son père, élève de Gustave Moreau. Il refuse d’entrer dans l’usine familiale de chaussures. Ses parents l’expédient en Angleterre pour l’éloigner d’une liaison amoureuse et pour qu’il apprenne l’anglais. Il y découvre la magie: un univers inconnu et fascinant.
Jusqu’en 1912, il réalise plus de 520 films à la fois poétiques, fantastiques, mystérieux, naïfs et pleins d’humour : courts métrages de 1 à 20 minutes projetés dans les foires qui émerveillent les spectateurs. Il crée de nouveaux métiers, inconnus jusqu’alors, mais indispensables au cinéma : producteur, réalisateur, scénariste, décorateur, acteur, opérateur, directeur d’acteurs,... Chaque jour apporte son lot de défis !

Ce sont les intempéries et les changements de lumière qui l’amènent en 1897 à créer le premier studio de cinéma dans sa propriété de Montreuil. Très vite, il diversifie ses sujets en proposant des publicités, reconstitution d’actualités et de faits historiques, adaptations de livres,… bref, il est toujours à la recherche de nouveaux scénarios. En 1902, il tourne le film le plus célèbre de sa carrière : Le Voyage dans la Lune, premier film de science-fiction au monde.
Les scénarios mais aussi les nouveaux procédés techniques le passionnent, ainsi il met au point : le fondu enchaîné, la surimpression, le gros plan, le ralenti, l'accéléré, l'usage des caches et des maquettes, l’arrêt sur image,...

Son incroyable succès suscite les convoitises et il est pillé, surtout en Amérique où il était impossible de poursuivre les contrefacteurs. Afin d’enrayer ce phénomène, il confie, en 1914, à son frère Gaston, la Go Mélies Star Film Manufacturing à New York. Face aux rouleaux compresseurs industriels et financiers, il ne fait, hélas, pas le poids. Rockefeller soutient Edison et la banque Morgan épaule la Biograph, des accords, pour sa part, qu’il n’a jamais voulu passer. Peindre des décors, inventer des escamotages, faire disparaître un sarcophage ou faire danser un papillon lui apporte une joie intense, bien plus que les chiffres ou les tracasseries financières. La création est au centre de sa vie.

Au même moment, sa femme meurt et il se retrouve à s’occuper seul de ses deux enfants : Georgette et André. La guerre éclate et entraîne la fermeture du Théâtre Robert Houdin. Qu’à cela ne tienne, il ouvre dans l’un de ses studios de Montreuil, une salle de théâtre où il monte avec toute sa famille des spectacles entre 1915 et 1923. Cette année là, c’est la mort dans l’âme qu’il doit revendre, poursuivi par des créanciers, l’ensemble de la propriété familiale. Tous ses films sont vendus à des forains ou détruits.

La fin d’un rêve : 64 ans à sa mort

En 1925, ruiné, il est contraint d'habiter chez son fils et sa belle-fille puis d'accepter pour survivre le métier de vendeur de jouets à la gare Montparnasse dans la boutique de sa seconde épouse Fanny Manieux alias Jehanne d'Alcy, locataire du magasin.
A la mort de sa fille, Georgette, en août 1930, il recueille sa petite-fille Madeleine, âgée de 7 ans, dont le père Amand Fontaine était chanteur d'opérettes et très souvent sur les routes de France et d'ailleurs.
Coincé 14 heures par jour, 7 jours sur 7 dans sa petite boutique, Méliès s'ennuie et souffre de cette routine peu sujette à la fantaisie. Il continue pourtant à dessiner sans arrêt sur le moindre petit morceau de papier. Son seul luxe sont ses vacances annuelles en Bretagne durant l'été.

Un jour, comme tous les autres, en 1926, un cafetier passant par là le salue d’un retentissant « Bonjour, Monsieur Mélies. » Léon Druhot, alors directeur du Ciné-Journal, se trouvant sur les lieux n’en croit pas ses oreilles, il le croit mort depuis belle lurette et l’interpelle. Avec lui, Méliès sort de l’oubli. Le cinéaste va alors se battre avec acharnement pour la reconnaissance de son rôle d'inventeur du spectacle cinématographique, de ses découvertes techniques et du rôle primordial de la France dans les 10 premières années du cinéma.
Méliès n'a pas seulement inventé des trucages mais jeté les bases de ce qui allait être le cinéma moderne.

Quelques-uns de ses films sortis des greniers furent projetés lors d’un gala en son honneur à la salle Pleyel le 16 décembre 1929. Un triomphe en présence du tout Paris ! Mais ses détracteurs l'accusent d'avoir reçu les bénéfices de la soirée et il subit un lynchage médiatique qui l'affecte énormement.
De nombreux journalistes s'indignent des conditions de vie du cinéaste et de l'oubli total des politiques. En mars 1931, lors d'un banquet de la corporation cinématographique, il est enfin reconnu par la profession, avec Louis Lumière, comme "l'un des deux piliers du cinéma français." Deux jours plus tard, Charlie Chaplin reçoit la légion d'honneur. Un anglais honoré, l'inventeur français du spectacle cinématographique ignoré ?! La situation est intenable pour le Ministre qui accepte de décorer enfin le cinéaste.

Parrainé par Louis Lumière, particulièrement ému, Méliès reçoit la Légion d’Honneur le 22 octobre 1931 lors d'un banquet de 800 convives au Claridge.

En 1932, Méliès s'installe avec sa femme et sa petite-fille au Château d’Orly, nouveau lieu de retraite de la Mutuelle du cinéma, dont ils sont les premiers et seuls occupants. Le septième art est encore trop jeune pour avoir ses retraités. A Orly, bien que souffrant de l'éloignement de la capitale, il accueille de nombreux journalistes, jeunes réalisateurs et admirateurs, continue de s'occuper du Syndicat de la prestidigitation et fait même des projets de film. Il y passe les 6 dernières années de sa vie.

Sa petite-fille dira de lui bien des années plus tard :

« Il était si gentil, toujours de bonne humeur, toujours plein d'idées pour se distraire et distraire le monde. Sportif, dynamique, jeune d'allure, foncièrement honnête, très droit, toujours de bonne humeur, il restait dans l'adversité le même homme sage et philosophique. Il n'était pas désenchanté. Ce n'est pas étonnant qu'on découvre aujourd'hui la fraîcheur et l'enchantement de son oeuvre, car il est resté très près de ses rêves et de la poésie de l'enfance. (...)

Mélies était la joie de vivre, la malice au coin des yeux, une pirouette qui efface ce qui peut faire mal. »


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