Louis De Funès

Louis de Funès est né le 31 juillet 1914 à Courbevoie. Ses parents, des nantis espagnols, connaîtront la disette en France. En effet, son père, un brin fantoche, jouera de malchance dans les affaires. Il ira même chercher fortune au Venezuela d’où il ne rapportera que la tuberculose. Louis de Funès a donc grandi essentiellement avec sa mère et ses deux frères et sœurs. Les De Funès vivent chichement mais ne manquent de rien. Sa mère, une vraie nature, sera la principale source d’inspiration du futur acteur pour créer son personnage colérique et hyper-expressif. Elle lui apprendra également à jouer du piano, un talent qui lui permettra de subvenir à ses besoins pendant la seconde guerre mondiale. Louis est un élève moyen mais surtout blagueur, ce qui lui vaudra des expulsions à répétition.

Entrée dans l’âge adulte, Louis de Funès enchaînera les petits boulots : étalagiste, fourreur, comptable... Puis pianiste dans les piano-bars sous l’occupation. En 1942, il s’inscrit au Cours Florent, il n’y reste pas bien longtemps car ça ne permet pas de faire bouillir la marmite. Mais il y fait une rencontre cruciale, celle de Daniel Gélin. C’est ce dernier qui mettra le pied à l’étrier à Louis de Funès, d’abord au théâtre puis au cinéma dans La Tentation de Barbizon (1946).

Dès lors, Louis de Funès passera les 10 années suivantes à courir le cachet. La vache est encore maigre, mais le cinéma paye bien mieux que les piano-bars. Pendant cette décennie, Louis intègre la troupe des Branquignols dirigée par Robert Dhéry et Colette Brosset. Robert Dhéry, devenu ami de Louis, fut l’un des premiers à déceler l’énorme potentiel de Louis de Funès et à lui offrir un rôle à sa mesure, d’abord dans la pièce, puis dans l’adaptation cinématographique, Ah ! les belles bacchantes (1954).

Le premier tournant, dans la carrière de Louis de Funès, arrive en 1956. Cette année-là, il se fait remarquer dans une scène devenue culte de La Traversée de Paris (1956) dans laquelle il tient tête à Jean Gabin et Bourvil, tous deux étant déjà des acteurs de premier plan. L’année suivante, Louis obtiendra pour la première fois la tête d’affiche dans un film, ce sera Comme un cheveu sur la soupe (1957). Le film est salué par la critique et le Times britannique va même jusqu’à comparer Louis de Funès à Charlie Chaplin.

En 1958, Il tient le premier rôle dans deux productions : Taxi, Roulotte et Corrida (1958) et surtout le cultissime Ni vu, ni connu (1958). Louis de Funès est devenu un acteur qui compte dans le paysage cinématographique français. Mais il est encore considéré comme un grand second rôle. Les grandes stars du comique de l’époque sont les Fernandel, Bourvil, Jean Richard et autres Francis Blanche.

L’incroyable sincérité de jeu de Louis de Funès en fait un formidable acteur de théâtre. En 1962, son ami Robert Dhéry lui écrit la pièce La Grosse Valse. De manière notable, il jouera également dans Faisons un rêve de Sacha Guitry, Ornifle ou le Courant d'air de Jean Anouilh et Oscar de Claude Magnier, pièce qu’il jouera près de 600 fois.

En 1963, le personnage intemporel créé par Louis de Funès est enfin abouti, et s’incarne pour la première fois au cinéma sous les traits de Léonard Monestier dans le film Pouic

pouic (1963) de Jean Girault. Mais c’est l’année 1964, avec les tournages successifs du Gendarme de Saint-Tropez (1964), de Fantômas (1964) et du Corniaud (1965), qui fait passer Louis de Funès du statut de vedette du cinéma français à celui de star du comique.

À partir de là, il trustera les premières places au box-office français avec en point d’orgue La Grande Vadrouille (1966), chef-d’œuvre de Gérard Oury et énorme carton aux 17 millions d’entrées. Fantômas et ses 60 millions d’entrées en URSS devient une trilogie avec Fantômas se déchaîne (1965) et Fantômas contre Scotland Yard (1967). Et le Gendarme de Saint-Tropez deviendra la série des Gendarmes avec six longs-métrages.

En 1967, Il tourne dans l’adaptation cinématographique d’une pièce de théâtre qu’il maîtrise mieux que personne : Oscar (1967) réalisé par Édouard Molinaro. La particularité de ce jeune réalisateur est de ne jamais rigoler, ce qui a le don d’agacer Louis de Funès et de créer par la même occasion un climat de tension sur le plateau. Ils récidiveront l’expérience deux ans plus tard sur Hibernatus (1969). Malgré tout, la mauvaise ambiance a servi ces deux films, dans lesquels, Louis de Funès livre des interprétations de haut vol.

En 1970, Louis de Funès signe une collaboration pour deux films avec le réalisateur Serge Korber : L’homme-Orchestre (1970) et Sur un arbre perché (1971). Ses deux longs-métrages dénotent un peu, par leurs styles, dans la filmographie de Louis de Funès. Néanmoins, le premier peut se targuer d’avoir totalisé 33 millions d’entrées dans les pays de l’Est et le second permet à Louis de Funès de jouer avec Géraldine Chaplin, fille de son idole absolue, Charlie Chaplin.

Après Le Corniaud (1965) et La Grande Vadrouille (1966), il est question d’un troisième film orchestré par Gérard Oury et réunissant le duo Bourvil-De Funès. André Bourvil, disparu le 23 septembre 1970, c’est Yves Montand qui donnera la réplique à Louis de Funès dans La Folie des Grandeurs (1971). Puis Gérard Oury fera tourner Louis de Funès pour la quatrième fois avec Les Aventures de Rabbi Jacob (1973) signant ainsi quatre chefs-d’œuvre.

Parallèlement, au théâtre, Louis de Funès reprend son rôle de Bertrand Barnier dans Oscar, puis il joue dans La Valse des Toréadors de Jean Anouilh. Mais le 30 mars 1975, alors qu’un cinquième Oury-De Funès était en pré-production (Le Crocodile), Louis de Funès est victime d’un infarctus. Les médecins lui annoncent qu’il ne pourra plus jamais exercer son métier d’acteur de cinéma et encore moins de théâtre.

Un jeune producteur, Christian Fechner, fan de Louis de Funès, décide de faire revenir Louis de Funès devant une caméra. Louis, atteint par la vis comica, ne se fait pas prier longtemps. Et bien que Louis de Funès ne soit assuré que pour la moitié du tournage, le film L’Aile ou la Cuisse (1976) se tourne et réunit à l’écran Coluche et Louis de Funès. Le duo s’entend parfaitement et cosignent même un engagement informel pour tourner un film muet ensemble.

Après avoir réalisé l’aile ou la cuisse, Claude Zidi travaille de nouveau avec Louis de Funès sur le film La Zizanie (1978), cette fois-ci en duo avec Annie Girardot. Louis va ensuite réaliser l’un de ses rêves, mettre en scène l’Avare de Molière. Et ça sera au cinéma, que L’Avare (1980) sortira. Louis de Funès y incarne un Harpagon plus vrai que nature et le film est une référence pour les professeurs de français chargés de faire découvrir la pièce de Molière à leurs élèves.

Plébiscité par le public mais snobé par la critique, Louis de Funès reçu tout de même un César d’Honneur en 1980 des mains de Jerry Lewis. Les critiques ont vu tout flou lorsqu’un an plus tard, c’est La Soupe aux Choux (1981) qui sortait dans les salles obscures et qui est devenue depuis un classique du cinéma français. Le Gendarme et les Gendarmettes (1982) sonne le glas de la carrière de Louis de Funès qui s’éteint le 27 janvier 1983 à Nantes à la suite d’un nouvel infarctus.

35 ans après sa disparition, Louis de Funès reste l’acteur préféré des Français. La rapidité de son jeu et son énergie exceptionnelle, en font un acteur plus que jamais d’actualité. La critique est désormais unanime sur le génie de cet artiste hors du temps qui a dépassé nos frontières et qui s’impose désormais comme l’égal d’un Charlie Chaplin ou d’un Molière au Panthéon de l’art comique.

textes par: Just Louis De Funès


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